Femme inspirante : Hildegarde Von Bingen

 

 

Le mois de Mars c’est le “mois de la femme“. Le 8 Mars c’est la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Et si on s’inspirait de femmes puissantes pour nous guider dans notre année ? Et pourquoi pas celles dont je donne les noms à mes carnets ? Je commence avec Hildegarde Von Bingen.

 

 

Hildegarde Von Bingen : Femme inspirante

 

 

Hildegarde est une femme à la vie et au destin extraordinaire. Considérée comme la première naturaliste Allemande, elle a été sœur bénédictine toute sa vie. Ses ouvrages sur les plantes et la médecine sont encore des références aujourd’hui.

 

Hildegarde Von Bingen (Hildegarde de la ville de Bingen en français) est née aux alentours de 1098. Très tôt elle aura une sensibilité pour la religion et particulièrement la religion catholique. A l’âge de 3 ans, elle a ses premières visions de dieu et à 8 ans ses parents la place dans un couvent. La mère supérieur de celui-ci n’est autre que Jutta de Sponheim qui sera béatifiée par l’église catholique. Hildegarde reçoit au couvent une excellente éducation, aussi bien musicale, religieuse, médicinale qu’intellectuelle. Elle prononcera ses vœux et deviendra sœur à l’âge de 14 ou 15 ans.

 

 

portrait d'Hildegarde von Bingen

 

 

Lorsque 30 ans après son entrée au couvent, Jutta meurt, les sœurs élisent Hildegarde pour la remplacer. A partir de ce jour elle aura à cœur de diriger le couvent et les moniales (les nonnes) en leur apportant le confort et en leur montrant l’exemple. Le couvent de Bingen est un couvent bénédictin, il dépend d’un monastère masculin contigu. Pourtant les dons que reçoivent les deux communautés, et avec lesquels elles vivent, sont surtout inspirés par Hildegarde Von Bingen.

 

En 1147, elle veut créer sa propre abbaye. Le père supérieur du monastère lui refuse jusqu’à ce qu’elle tombe malade et qu’elle risque de mourir. C’est donc en toute indépendance qu’elle crée sa propre communauté non loin, toujours dans la ville de Bingen. Elle en fondera une deuxième en 1165, sa personne ayant suscité de nombreuses vocations.

 

Hildegarde est une femme phénoménale. Elle est médecin, biographe, compositrice et femme de lettres. Elle a aussi des dons de voyance et de guérisseuse. Plusieurs de ses ouvrages sont parvenus jusqu’à nous dont Physica et causae et curae.

 

 

Elle était aussi médecin et avait une grande connaissance des plantes

 

 

Physica 

 

A traduire par « de la nature », cet ouvrage recense plus de 300 plantes différentes (la plupart observées par Hildegarde elle-même), 61 espèces d’oiseaux et 41 mammifères. Ce livre a une destination thérapeutique. Chaque plante et chaque animal y est un remède contre une maladie ou un mal. Elle y mélange les savoirs de grands auteurs mais aussi la médecine populaire. Hildegarde est très proche des gens et du peuple. Elle questionne les habitants de Bingen sur les plantes et ceux-ci lui parlent de leurs vertus et de leurs poisons. Ce sont des savoirs qui se transmettent depuis plusieurs générations que la sœur écrit dans son manuscrit.

 

Les minéraux sont également mentionnés dans le livre, ainsi que leurs bienfaits. A l’époque le divin et le « magique » ne s’excluaient pas. Cet ouvrage est toujours une référence aujourd’hui.

 

 

Causae et curae 

 

Dans ce livre, Hildegarde aborde aussi bien les maladies physiques que les troubles psychiques. Ce qui est très novateur pour l’époque.  Pour elle la médecine doit soigner aussi bien le corps que l’âme. La médecine de la sœur est un savant mélange de médecine africaine, arabe et antique mais aussi de médecine locale et populaire.

 

L’ouvrage se compose en plusieurs parties sur la création, la cosmologie, l’anatomie, les humeurs etc.

 

Le livre 1 traite de la création, une description de l’univers et une réflexion sur son origine Elle y parle des anges, des étoiles, de leur sens, de leurs propriétés et de leur influence sur l’être humain.

 

Le livre 2 aborde aussi l’origine de l’univers mais vu sous l’angle de la foi chrétienne et donc de la genèse. Il y est question de l’homme depuis sa conception, des animaux, des maladies et de leurs causes, des organes et des membres de l’être humain. Elle est très influencée par la théorie antique des humeurs et des tempéraments (Hippocrate). Aucun sujet ne semble tabou : le rire, les larmes, le plaisir sexuel, l’ivresse, la cueillette, la moisson, le sexe de l’enfant à naître ou la relation entre l’âme et le corps. Il traite du sommeil, décrit les maladies, les fièvres, la paralysie et la douleur.

 

Les livres 3 et 4 traitent de la guérison des maladies pour lesquels les remèdes sont indiqués. Hildegarde met toutefois en garde, si Dieu a décidé de rappeler à lui un homme, aucun remède n’y changera rien. C’est une autre époque !

Dans le livre 5, Hildegarde se montre très moderne en parlant de signe de vie et de mort que l’on peut voir dans les yeux, dans l’urine et dans le pouls. Elle livre aussi une lunaison complète et établit une caractérologie des êtres humains selon un horoscope.

 

 

Elle est une des mères de l'homéopathie

 

 

 

L’ouvrage Causae et curae est digne des grands écrits médicinaux. Il est assez étonnant que le nom d’Hippocrate soit connu de tous aujourd’hui mais qu’il ait fallu attendre la fin des années 80 pour que l’on s’intéresse à nouveau aux écrits d’Hildegarde.

 

Hildegarde Von Bingen a également écrit un livre sur la religion et la philosophie dans lequel une illustration devrait te paraître familière. Pour elle, l’homme est au centre de tout. Elle a eu une vision d’un homme au centre d’un cercle, écartant les bras. Aujourd’hui, certains historiens pensent que l’enluminure illustrant cette vision et étant conservée en Italie, a probablement inspiré à Léonard de Vinci son « Homme de Vitruve ».

 

Hildegarde Von Bingen est aussi musicienne et a composé plus de 70 chants liturgiques dont plusieurs sont encore joués aujourd’hui. De son vivant, elle a correspondu avec les grands hommes de son monde tels que le pape (qui l’a autorisé à écrire sur ses visions), les évêques, les rois et les empereurs. Elle avait de l’influence. Son livre de visions a probablement inspiré la divine comédie de Dante.

 

 

3 eme vision d'Hildegarde qui a inspiré à Vinci son homme de Vitruve

 

 

 

Il faudra pourtant attendre les années 1980 pour que l’on redécouvre son œuvre et sa vie. Elle n’avait jamais été canonisée et ce malgré les nombreuses demandes du peuple. Elle ne devient sainte qu’en 2012 et est reconnue Docteur de l’église catholique, ce qui est la plus haute reconnaissance chrétienne.

 

Hildegarde Von Bingen est, pour moi, une femme très inspirante parce qu’elle a toujours eu foi, non seulement en elle, mais aussi en l’homme. Elle n’a pas hésité, au moyen âge quand-même, à s’imposer, à imposer ses idées et à démontrer qu’elle détenait aussi le savoir. Et si on prenait un peu de sa confiance en elle pour nous et que l’on avançait dans la vie avec la même conviction ?

 

C’est pourquoi je l’ai choisi en référence pour un des carnets de la collection 2020-2021. Tu peux le découvrir ici.

 

Le carnet Hildegarde aux pochettes florales et aux mille papiers

 

 

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