Les carnets de voyage au 19ème siècle

Les carnets de voyage au 19ème siècle sont très novateurs. Au 19ème siècle le voyage devient essentiel pour les écrivains et les artistes. Il est devenu accessible grâce au développement routier, au développement du chemin de fer et aux progrès industriels du siècle.

Le voyage au 19ème siècle

Il est indispensable surtout pour les écrivains romantiques. Et il se fait particulièrement en orient. A l‘époque l’orient désignait aussi bien l’Europe que l’Afrique et l’Asie.   « Pour les romantiques, ne pas voyager (comprenez ne pas voyager en Orient) c’est, en tant qu’individu, refuser de se confronter à l’altérité, c’est, par là même, contribuer sur le plan collectif à l’appauvrissement de sa propre culture. Expérience du décentrement, le voyage en Orient est aussi quête de soi, vécu comme retour aux sources : il s’agit par la fréquentation des sites gréco-romains et des lieux de l’Histoire sainte, de retourner aux origines de la civilisation européenne. L’Orient permet à la fois de se dépayser et de se ressourcer, dans un double mouvement de déprise de soi et d’enrichissement de son être. » Voyageurs du monde.

 

Durant les siècles précédents, les artistes se rendaient déjà en Italie pour découvrir les tableaux et les sculptures des grands maîtres. C’est en 1811 que Chateaubriand écrit le premier récit de voyage qui deviendra une mode avec « l’Itinéraire de Paris à Jérusalem ». Dans un récit de voyage l’idée n’est pas forcément de décrire mais de donner sa vision du monde. Les écrivains n’hésitent donc pas à faire les mêmes voyages que leurs confrères. A la suite de Chateaubriand, Lamartine, Gérard de Nerval, Théophile Gautier et Gustave Flaubert, accompagné de son ami  photographe Maxime Du Camp, Mais aussi le peintre Delacroix font leur voyage en Orient.

 

Tous ces écrivains et artistes voyagent donc beaucoup plus au 19ème siècle. Ils n’écrivent, bien sûr, pas leur récit durant leur voyage. Et si dans leur récit ils racontent leur point de vue sur le monde, il faut bien qu’il ait pris des notes, inscrits leurs premières impressions et décrit ce qu’ils ont vu pour ancrer leur narration dans le réel. Ou bien pour revenir faire leur peinture dans leur atelier parisien.  Pour cela ils ont des carnets de voyages. Ils préservent l’instantané du récit. Ceux-ci s’accompagnent de lettres de voyage.

 

Les carnets de voyage du 19ème siècle

 

Ces carnets sont, pour la plupart, parvenus jusqu’à nous. Ils sont très créatifs et très inspirants. Il serait dommage de ne pas s’en inspirer pour nos propres carnets de voyage. Voici donc les carnets de voyage de Victor Hugo, de Delacroix, de Gauguin et Félix Ziem.

 

Victor Hugo :

 

une belle page du carnet de voyage de Victor Hugo

 

Victor Hugo a beaucoup voyagé dans sa vie. En plus de ses exils sur les iles de Jersey et Guernesey, il a visité la Belgique, la Provence, la Somme, la Normandie et Le midi Pyrénées. A l’époque voyager en France était déjà un exploit. Il en a rapporté des écrits caustiques mais aussi des carnets de voyages. Il écrivait et dessinait au crayon de papier. Des petits carnets remplis de petits croquis et de prises de notes pour ses récits.

 

 

Delacroix :

 

s'inspirer d'un des 5 carnets de voyage de Delacroix qu'il nous restte

 

Eugène Delacroix fait un voyage de  sept mois à travers l’Afrique et l’Andalousie en 1832. Il reviendra avec des carnets remplis de notes et de croquis. Après avoir peint un orient rêvé (la mort de Sardanapale), il découvre la réalité du Maroc et se confronte à une réalité moins fantasmée. Il accompagne le comte de Mornay portant un message de paix au sultan du Maroc et aux britanniques après la conquête de L’Algérie par la France.

 

Ce voyage transformera à jamais son esthétique et sa technique, il reviendra avec sept carnets donc quatre sont parvenus jusqu’à nous. Trois sont conservés au musée du Louvre et un au musée de Chantilly.

 

Gauguin :

 

Carnet de voyage de Gauguin Noa Noa

 

Noa Noa, voyage de Tahiti, est imaginé dès le début par Gauguin pour raconter ses impressions de voyage en 1891. Il ne sera achevé qu’après un deuxième séjour et une collaboration avec Charles Morice. Ce carnet est rempli de textes, de dessins, d’esquisses, de bois gravés découpés, de gravures colorées ne s’illustrant pas l’un l’autre mais s’accompagnant pour décrire l’amour de Gauguin pour ce pays.

 

Il décorera par la suite la couverture d’un fragment d’aquarelle collée sur le cuir. Ce « livre » ne le quitte jamais et one le retrouvera dans sa case à Hiva Oa après sa mort en 1903.

 

Felix Ziem :

 

le carnet de voyage de Martigues du peintre Félix Ziem

 

Peintre marseillais du 19ème siècle il a beaucoup voyagé, notamment en Italie, à Constantinople et en Algérie. Mais il a aussi fait des carnets de voyage pour des tous petits voyage comme celui de Marseille à Martigues. Ce carnet est rempli de cartes, de croquis et de notes, pour le plus grand plaisir de nos yeux.

 

Ces carnets de voyages ne sont pas exhaustifs du 19ème siècle et je t’invite à faire tes propres recherches pour t’inspirer. Perpétuons cette pratique pour que dans 200 ans nos carnets de voyage soient étudiés par d’autres. Et pour trouver ton carnet de voyage, viens découvrir ceux de La Sardine.

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