L’évolution du dessin à travers les âges

Souvent lorsque l’on est dessinateur.trice amateur, nous complexons par rapport au rendu et au travail des autres. Nous avons l’impression de dessiner moins bien, d’être moins doué.e, d’avoir moins de talent. Et pourtant le talent est très subjectif. Et il n’y a pas qu’une seule sorte de dessin. Ce mois-ci, je vais te donner plein d’astuces pour tenir un carnet de dessins et être créative sans dessiner comme une déesse. Commençons d’abord par étudier l’évolution du dessin à travers les âges.

 

Le dessin a beaucoup évolué au cours de son histoire. Surtout lorsque l’on sait que les premiers dessins datent de la préhistoire. Dans cet article je veux te montrer qu’il n’y a pas qu’une seule sorte ni qu’un seul style de dessin. Il n’y a pas qu’une « école » et tu n’as pas besoin d’être Michel-Ange pour dessiner.

 

Le dessin à la préhistoire

 

Tu as certainement entendu parler des grottes Lascaux et Chauvet entre autres. Ce sont des grottes où ont été découvertes des peintures préhistoriques. Des représentations animales plutôt réalistes pour l’époque. Elles sont peintes à l’aide de charbon de bois, de craie ou gravées à l’aide de silex. Elles sont la manifestation d’une création, au même titre que les outils inventés par les hommes. Cependant les peintures sont plus vieilles que la création des outils. Comme quoi l’homme était artiste avant d’être ouvrier ou artisan.

 

Et sinon tu as un vrai métier ? Genre chasseur cueilleur ?

 

Le dessin pendant l’antiquité

 

C’est de l’Egypte ancienne que nous viennent les plus grandes traces de dessin. Le style Egyptien est plus linéaire, cohérent et pérenne. Il a aussi une représentation qui lui est propre. Celle-ci durera trois mille ans grâce notamment à l’écriture hiéroglyphe.  Ses dessins sont plus des idéogrammes et des symboles que des représentations réelles. Toutes les représentations humaines sont construites de la même manière : tête de profil et corps de face.  Au même moment en Grèce, les dessins (sur les vases) présentent plus de modelé et de mouvement.

 

Le dessin au moyen âge et à la renaissance

 

l’évolution du dessin continue durant le moyen âge, se développe l’art de l’enluminure (les illustrations des livres d’autrefois). Les outils de dessins se sont aussi diversifiés. On dessine désormais à la plume, au pinceau ou à la pointe d’argent. Si le dessin reste linéaire, on voit des grisailles apparaître et des modelés par l’utilisation de hachures. Les dessinateurs semblent vouloir être plus fidèles à la réalité. Ils travaillent plus le drapé et le mouvement des corps. Cette progression va de pair avec la démocratisation du papier qui devient plus accessible. Ainsi les artistes peuvent s’entrainer.

 

A la renaissance, le dessin devient très technique et analytique. Il se met au service de la science et du progrès. Les artistes dessinent des futures machines comme De Vinci ou représentent l’anatomie ou les plantes dans les moindres de détails. Les outils se sont encore diversifiés avec la mine de plomb, le fusain, la mine d’argent et le crayon de pierre noire. Les dessinateurs développeront avec eux l’effet du clair-obscur et la perspective. Le dessin se rapproche de plus en plus du réel.

 

Il devient à ce moment-là, la base nécessaire à chaque artiste et il commence à être enseigné. En 1563, VASARI fonde la première Académie de dessin « l’Accademia del designo » à Florence. L’Italie est d’ailleurs la première de la classe en dessin. Il faudra attendre le XVIIème siècle pour que la France et l’Allemagne s’éloignent de la linéarité et se laissent influencés par la pratique italienne.

 

la sanguine aide à la représentation de la chair humaine

 

Le dessin au XVIIème et au XVIIIème siècle

 

Ces siècles voient l’apparition du fixatif, qui permet de conserver le fusain intact sans bavure. Cette découverte et celle du graphite vont favoriser l’essor du dessin pour lui-même et non plus comme travail préparatoire à un tableau. Le dessin devient un moyen de recherches et de liberté. Les artistes y mélangent même les techniques.

 

Deux « écoles » s’affrontent, celle partisane de la ligne et celle partisane de l’effet lumière-ombre. Durant ces deux siècles les artistes tentent de figurer toutes les expressions humaines. Notamment grâce à la sanguine (matériau très rouge rappelant la chair). Au XVIIIème siècle apparaitront aussi  les pastels qui deviendront un style à part entière.

 

C’est aussi durant cette période que les artistes commencent à peindre sur le vif. C’est un moyen pour eux de sortir du style académique.

 

XIX et XXème siècle

 

pour finir notre évolution du dessin, au XIXème l’apparition du crayon comté favorisera le style néoclassique, très linéaire, inspiré par la sculpture de l’antiquité grecque (Jérôme par exemple ou Ingres). A l’opposé nait un mouvement romantique basé sur le contraste entre ombre et lumière (Delacroix).

 

Parmi les nombreux mouvements picturaux qui naquirent à l’époque on retrouve le cubisme, l’impressionnisme, ceux qui aiment la ligne et ceux qui la réfutent.

 

Au XXème siècle viendra l’abstrait ayant lui aussi ses propres codes graphique : importance de la ligne ou importance des couleurs.

 

Comme tu peux le voir le dessin n’a pas eu qu’un seul style au cours de l’histoire. Il y a bien eu une évolution du dessin. Il a évolué, connu des variantes, a été réaliste puis abstrait. On s’est attaché à la ligne, à la lumière, aux couleurs ou au mouvement. Bref il n’y a pas qu’une école et il n’y a pas une seule façon de dessiner. A toi de créer ton propre style et surtout arrêtons de nous comparer aux autres et créons pour nous-mêmes.

 

Pour cet article je me suis aidée d’un article de l’AC Grenoble. Tu peux le lire ici.