Le carnet de recettes : objet indémodable

Je suis sûre que tu en as un chez toi. Et si tu n’en as pas, ta mère ou ta grand-mère en a un. Un carnet de recettes c’est un véritable bijou de famille. Il se lègue et se transmet de générations en générations. Il regorge de tous les meilleurs repas de ton enfance. Véritable mine d’or que l’on photocopie, réécrit et prête à tout bout de champ.

Les recettes de famille c’est comme des secrets: ça ne se divulgue pas. Ou seulement de mère à fille, de père à fils, enfin de parents à enfants. Et même avec la création il y a quelques années des sites comme Marmiton, le carnet de recettes semble indémodable. Et si tu créais le tiens dès aujourd’hui ?

Lorsque quelqu’un te prête son ensemble de recettes ou lorsque ta mère te transmet les recettes de famille ce n’est pas un dossier informatique. En général cela prend la forme d’un carnet ou d’un cahier débordant de papiers collés dont la reliure semble craquer sous l’abondance de gourmandise. Et c’est ce qui fait son charme non ? L’écriture informatique paraît froide et impersonnelle. Ce que j’adore lorsque j’ouvre le carnet de recettes de ma maman c’est de voir son écriture. Cela me rappelle les lettres qu’elle m’écrivait lors de mes colonies de vacances. Et puis il y a les « tâches de cuisine ». Sur la page de recette du gâteau au chocolat il y a des traces de chocolat fondu, sur celle du gâteau aux amandes je reconnais un filet de blanc d’œuf qui s’est écrasé sur le mot sucre. Ce carnet a vécu. Et il nous parle, nous confie de petites anecdotes sur la cuisine de notre famille. Avoue qu’un fichier informatique serait beaucoup moins romantique.

Trouver le carnet de recettes idéal

Mon premier conseil, pour conserver tes recettes de famille, est de le faire à la main et dans un carnet. A la main ne veut pas forcément dire que tu sois obligée tout recopier de façon manuelle. Ma mère a photocopié énormément de recettes de ma grand-mère et j’ai tout autant de plaisir à retrouver l’écriture minutieuse de ma bonne maman en photocopie. C’est comme si ma grand-mère me murmurait elle-même la recette à l’oreille. « A la main » signifie garder une forme artisanal qui fait le charme du carnet de recettes. Pour cela il faut trouver le carnet idéal.

Pour t’informer plus en détail sur les nombreux carnets qui existent, je t’invite à lire les articles de mon blog sur le « carnet dans tous ses formats ». Ils t’aideront à choisir entre différentes reliures et différents formats. Personnellement je préfère les carnets cousus et dont la reliure permet l’ouverture des pages complètement à plat. Cela facilite l’écriture.

Ensuite tu vas choisir entre différents papiers à l’intérieur des carnets. Tu as parmi d’autres : grands carreaux, petits carreaux, ligné, blancs etc. J’en ai commencé un il y a quelques années avec des grands carreaux mais si c’était à refaire j’en choisirais un avec des pages blanches pour pouvoir faire des petits dessins ou pour faire des interlignes plus petits si j’en ai envie. C’est à toi de choisir en fonction de tes préférences.

Agencement des recettes :

Là aussi c’est selon tes préférences. J’ai vu des carnets de recettes à l’organisation très personnelle. Certains avaient un sommaire ou un index au début ou à la fin. D’autres n’en avaient pas et on passait d’une page à l’autre au gré des recettes jusqu’à trouver la bonne.

Personnellement j’ai commencé un index au début et à la fin. Au début de mon carnet figure l’index des entrées et des plats et à la fin celui des desserts. Ne pas pouvoir classer les recettes par ordre alphabétique est une problématique que je n’ai pas encore résolue. Comme j’écris les recettes au fur et à mesure du temps, je ne peux pas les classer par ordre, ne sachant pas si une autre recette en A ou en C se glissera entre deux. J’ai donc un index mais tout à fait bordélique. Ce n’est pas grave ça reflète ma personnalité et mon profil MBTI d’inspiratrice.

Les codes graphiques de ton carnet de recettes

Ce sont les codes des carnets de recettes que l’on trouve dans les commerces. Mais j’aime beaucoup me les approprier et les transformer à ma sauce.

Tu as les petits logos ou symboles pour ne pas avoir à écrire 15 fois le même mot. Cela peut te faire gagner du temps. Par exemple, il y a le petit dessin de couteau avec une durée à côté pour représenter le temps de préparation. Ou celui du four qui représente le temps de cuisson etc.

Personnellement j’utilise surtout un code couleur. Toutes mes recettes sont mélangées dans mon carnet. Comme pour beaucoup, je n’ai pas d’intercalaire pour séparer mes recettes de desserts de celle de plats. Alors j’écris les catégories des recettes (dessert / plat / entrée) avec des couleurs différentes. Ainsi lorsque je feuillette mon carnet à la recherche d’un dessert, je sais que je dois regarder les catégories écrites en rose. Cela me fait gagner du temps. Ensuite tous les titres sont en jaune, les temps de préparation et de cuisson en bleu et les ingrédients en vert.

Sens toi libre de designer ton carnet de recette à ta façon et selon tes goûts. C’est ainsi que tu auras plaisir à le lire et à cuisiner ses recettes.

Les éléments des recettes à inscrire

Comme tu as vu plus haut, pour ma part je note la catégorie de la recette (entrée, plat, sauce ou dessert) mais aussi les ingrédients, le temps de préparation et de cuisson et bien sûr le titre. J’aime aussi rajouter (je tiens ça de ma mère) l’origine de la recette. Si je l’ai trouvée dans un magazine, sur internet ou si elle vient de ma famille, de quel proche vient-elle (mère, grand-mère, tante, père, frère…).

Il est aussi bon parfois d’annoter sur le côté de ses recettes les petites modifications. Mon four est très puissant, du coup je note les différences de temps de cuisson. Je les écris au crayon de papier parce que je sais que je n’aurai pas toujours ce four. J’inscris également les petites touches que j’apporte à la recette. Un rajout d’épice par exemple ou une découpe de légume différente. Ainsi je garde la recette d’origine, surtout si elle vient de ma famille, mais ma façon de cuisiner est aussi présente et sera donc transmise aux générations suivantes.

En créant ainsi ton carnet de recettes tu continues la tradition familiale, tu deviens passeur de son histoire et tu crées un objet vecteur d’émotions et de transmission.

Je suis tombée l’autre jour sur ce podcast. Une jeune femme retrouve le carnet de recettes de son arrière-arrière-grand-mère Jeanne, déportée pendant la seconde guerre mondiale. Il devient un prétexte pour partir à la recherche de Jeanne et pour en apprendre plus sur elle et son histoire. C’est une émission magnifique que je t’invite à écouter en cuisinant.